Ils ont le feu en eux, les Algériens. Un feu plus ardent que les flammes ravageuses qui ont signé de leurs méfaits plus de 200 feux distincts* en une seule journée.
Un feu intérieur qui a cautérisé la haine et la discorde à jamais.
Ni le vent ni le ciel stérile de pluie n’ont éteint leur rage de vaincre un ennemi non fait de chair et de sang, ne possédant pas vraiment de corps mais une chaleur intense, des flammes voraces, des fumées denses.
C’est un feu qui ne fait pas que brûler, mais révèle la formidable résilience des hommes algériens, accourant de part et d’autre de leur patrie à la rescousse de leurs frères de terre, bravant l’intensité des flammes.
Chez Héraclite, le feu devient presque une image du monde : tout change, tout se transforme, rien ne demeure exactement identique. Il a réussi à galvaniser la foi des Algériens. Il a réussi à détruire les forêts, mais pas leur mémoire.
Il a transformé des maisons en cendres, mais il ne pourra pas effacer les souvenirs de ceux qui y ont vécu.
Il a pu noircir des montagnes, mais il ne peut pas empêcher l’homme de planter des arbres demain.
Ces jours-là, l’Algérien a dit aux flammes, peut-être au monde : « Nous sommes capables de brûler, mais nous sommes aussi capables de renaître. »
Désormais, à travers cette tragédie, nous montrons que nos efforts, notre solidarité et notre bravoure sont ininflammables.

*Rapportée par Le Monde. https://www.lemonde.fr/en/le-monde-africa/article/2026/09/01/as-unprecedented-wildfires-rage-in-algeria-authorities-remain-largely-silent_6757032_124.html?utm_source=chatgpt.com

















