Catégorie : Humanité

  • Le feu, la résilience et l’Algérien

    Le feu, la résilience et l’Algérien

    Ils ont le feu en eux, les Algériens. Un feu plus ardent que les flammes ravageuses qui ont signé de leurs méfaits plus de 200 feux distincts* en une seule journée.

    Un feu intérieur qui a cautérisé la haine et la discorde à jamais.

    Ni le vent ni le ciel stérile de pluie n’ont éteint leur rage de vaincre un ennemi non fait de chair et de sang, ne possédant pas vraiment de corps mais une chaleur intense, des flammes voraces, des fumées denses.

    C’est un feu qui ne fait pas que brûler, mais révèle la formidable résilience des hommes algériens, accourant de part et d’autre de leur patrie à la rescousse de leurs frères de terre, bravant l’intensité des flammes.

    Chez Héraclite, le feu devient presque une image du monde : tout change, tout se transforme, rien ne demeure exactement identique. Il a réussi à galvaniser la foi des Algériens. Il a réussi à détruire les forêts, mais pas leur mémoire.

    Il a transformé des maisons en cendres, mais il ne pourra pas effacer les souvenirs de ceux qui y ont vécu.

    Il a pu noircir des montagnes, mais il ne peut pas empêcher l’homme de planter des arbres demain.

    Ces jours-là, l’Algérien a dit aux flammes, peut-être au monde : « Nous sommes capables de brûler, mais nous sommes aussi capables de renaître. »

    Désormais, à travers cette tragédie, nous montrons que nos efforts, notre solidarité et notre bravoure sont ininflammables.

    *Rapportée par Le Monde. https://www.lemonde.fr/en/le-monde-africa/article/2026/09/01/as-unprecedented-wildfires-rage-in-algeria-authorities-remain-largely-silent_6757032_124.html?utm_source=chatgpt.com

  • Quatrième édition du Salon de la culture algérienne — sous le thème du tapis algérien

    Quatrième édition du Salon de la culture algérienne — sous le thème du tapis algérien

    Des moments mémorables de partage, de convivialité, d’échanges et de chaleur humaine. Des moments où les valeurs de l’Algérie ont été mises en avant par des prestations musicales et artistiques, des présentations de tapis traditionnels authentiques et typiquement algériens, des gâteaux aux ingrédients nobles tels que les amandes, les noix de Grenoble ou encore l’eau de fleur d’oranger.

    Une réussite totale, saluée par les visiteurs, témoignant de l’attachement des Algériennes et des Algériens à leur patrimoine.

    Un immense bravo tout particulier à tous les bénévoles qui ont rendu cela possible.

    Enfin, une dernière note — et non des moindres : lors de cette quatrième édition, le stand littéraire a accueilli une majorité de lectrices, de lecteurs, et même de jeunes enfants. Et cela, c’est tout à l’honneur de l’Algérien qui lit, qui écrit et qui rêve !

    Des remerciements tout particuliers à madame Fatiha O., pour m’avoir invité à participer à cet événement pour la troisième fois — une fidélité qui me touche et dont je suis honoré.

  • Un mot, un pays: Yaghan, Terre de Feu Mamihlapinatapai

    Regard partagé entre deux personnes qui désirent la même chose… sans oser faire le premier pas.

    C’est un regard partagé entre deux personnes qui désirent la « même » chose, mais n’osent pas faire le premier pas. C’est un mot « appartenant » à la langue yaghan (ou yamana), parlée par un peuple autochtone de la région de la Terre de Feu.

    C’est un mot chargé de tension, bloqué par la peur ou la pudeur. Un mot dit entre amis, entre amoureux ou bien entre deux âmes qui se reconnaissent. Ce mot « pourrait s’appliquer » à d’autres situations :

     * Deux personnes qui attendent que l’autre parle.

     * Une décision mutuelle jamais assumée.

     * Un silence complice… mais inachevé.

    Mais le plus fascinant, « c’est qu’il »capture quelque chose que beaucoup de langues ne savent pas nommer : « l’entre-deux » du désir et de l’inaction, et la beauté tragique du possible non réalisé.

    Un mot bien significatif pour un monde qui parle trop sans se comprendre. Un mot pour un monde qui avance comme « un rouleau » compresseur sans regarder l’autre en face. « Regardons-nous » et « osons ».

  • Représentation théâtrale à Laval

    Instant suspendu à l’issue de la représentation de « ICI, LÀ-BAS », à l’Espace citoyen des Confluents.

    Une photographie qui ne fige pas seulement des visages… mais capture des fragments de voyages, des éclats de mémoire et quelques valises invisibles pleines d’histoires.

    On y devine des rires qui ont traversé les frontières, des silences qui en disent long, et cette complicité discrète propre à ceux qui savent d’où ils viennent… sans toujours savoir où ils vont (mais avec panache, tout de même).


    À propos de la pièce

    D’une durée de 70 minutes — sans entracte, parce que les souvenirs, eux, ne prennent jamais de pause la pièce met en scène une jeune femme québécoise et un jeune homme d’origine mexicaine.

    Ensemble, ils ouvrent une sorte d’album vivant, où se mêlent les souvenirs heureux de seize néo-Lavallois.e.s :

    ceux d’ici, la terre d’accueil, et ceux de là-bas, ce pays qui continue de vivre quelque part entre le cœur et la mémoire.

    Un voyage sans billet d’avion, sans douane… mais avec beaucoup d’humanité (et quelques sourires en prime).


    Une salutation toute particulière à madame Fatiha, dont la présence et l’énergie ajoutent toujours une belle lumière aux rencontres humaines :

    https://www.facebook.com/share/15evgceGNAS/?mibextid=wwXIfr

    Ainsi qu’à madame Danielle Shelton, directrice de la Société littéraire de Laval, artisane discrète mais essentielle de ces passerelles entre les mots et les mondes.

    Pour découvrir davantage son remarquable parcours :

    http://www.litterature.org/recherche/ecrivains/shelton-danielle-1979/

  • Rencontre stimulante et féconde avec Rita Amabili

    Ce fut ma première participation, et j’en ressors ravi. Les échanges ont été particulièrement fructueux, notamment avec Pierre Jasmin, professeur de piano à l’Université du Québec à Montréal et directeur du département de musique de 1984 à 1986. On peut lire ses articles dans la revue Artistes pour la paix :

    https://www.artistespourlapaix.org

    J’ai également eu le plaisir d’échanger avec Krystel Mineault de l’agence Mino (gestionnaire de médias sociaux), que l’on peut retrouver à l’adresse suivante :

    https://www.facebook.com/share/18DV2JrhaY/?mibextid=wwXIfr

    L’amour et la solidarité sont, plus que jamais, des sujets à mettre en avant par les moyens dont nous disposons. L’art, la littérature, la musique ou encore la peinture sont autant de voies pour nourrir cette aspiration et la partager.

    J’invite chacun et chacune à visiter le site de Rita Amabili ci-dessous, une théologienne et femme de dialogue qui crée de beaux espaces de rencontre autour de la pensée et de la poésie :

    https://www.ritaamabili.com

    Pour conclure, cette belle pensée de Milan Kundera :

    « Les enfants sont sans passé, et c’est tout le mystère de l’innocence de leur sourire. »

    Que le passé des malfaiteurs s’efface à tout jamais ; peut-être retrouveront-ils alors quelque chose de l’enfant qu’ils furent.

    Quelques extraits
  • Un mot, un pays: Schadenfreude : l’ombre allemande du rire

    La Schadenfreude, ou « joie du dommage », désigne ce sentiment ambigu par lequel le malheur d’autrui devient une source secrète de satisfaction. L’expression allemande Sei doch nicht so schadenfroh ! — que l’on pourrait traduire par « Ne te réjouis pas du malheur des autres ! » — résonne fréquemment dans les conversations quotidiennes, comme un rappel moral discret face à cette tentation humaine.

    Toutefois, une nuance s’impose. Il existe une petite Schadenfreude, presque innocente, qui relève de l’humour taquin ou de la complicité entre amis. Mais il y a aussi la grande Schadenfreude, celle qui prend une teinte plus sombre, presque cruelle, lorsque la chute de l’autre devient un spectacle savouré.

    On l’observe dans la sphère politique, lorsqu’un scandale mineur provoque une jubilation collective chez les adversaires ou dans l’opinion publique. Elle se manifeste également dans les stades, au cœur des rivalités sportives, où la défaite de l’autre nourrit parfois une joie disproportionnée.

    Pour Arthur Schopenhauer, la Schadenfreude représente l’un des plus bas penchants de la nature humaine, un vice révélant l’absence de compassion. Kant, quant à lui, y voit une forme de malice morale, presque l’inverse de la sympathie, car elle transforme la souffrance d’autrui en instrument de comparaison favorable. Le malheur de l’autre nous donne alors l’illusion d’un soulagement : notre propre condition semble moins lourde, moins injuste.

    Cette stratégie psychologique, subtile mais répandue, agit comme un refuge fragile. Elle nous installe dans une zone de confort où la comparaison remplace l’effort, où la satisfaction naît non de notre élévation, mais de la chute d’autrui. À force, elle peut devenir une habitude — presque une dépendance morale.

    Sortons-en. Faisons un pas vers le Proxime, ne serait-ce qu’un seul. Car la véritable dignité ne réside pas dans la joie maline, mais dans la capacité à partager, même silencieusement, le poids du monde avec l’autre.

    « Toutefois, ressentir de l’envie, cela est d’un homme ; jouir d’une joie méchante, cela est d’un démon. »

    — Arthur Schopenhauer, Le fondement de la morale

    Chafik Ghenai

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