
Le monde ne danse plus, il bouge.
Après une danse, on ne récolte plus le fruit de l’élan, mais une certaine fatigue physique.
On ne se transcende plus par le mouvement — on danse pour se divertir.
La dimension extatique, celle où le corps nous emmène ailleurs, manque.
On demeure la même personne intérieurement, à la même place extérieurement.
On vise la tendance, le mimétisme peut-être, le lâcher-prise ou la performance —
mais rarement l’expérience transformatrice.
On danse en surface.
Le cœur, lui, ne bat plus pour faire vibrer l’être,
mais seulement pour animer la force physique en nous.
Faisons vibrer nos tréfonds.
Recherchons la quête d’un sens pour, qui sait, affirmer une existence, une idée, une volonté.
Dansons pour nous transporter là où il n’y a plus de règles, plus de restrictions,
plus de dogmes ni de préjugés.
La matière brute ne demande qu’à être vivante — et non simplement à exister.
Unissons le corps et l’esprit.
Réconcilions nos âmes avec les bons mouvements.
Unissons nos intentions avec le rythme,
car le corps n’est pas un simple outil passif,
mais l’acteur principal de la pensée et de l’expérience de la danse.
Danser, c’est penser avec le corps.
Pensons en mouvement.
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