Le silence, mon silence

Parler, jacasser — on ne jure plus que de cela. Le silence dérange, même le plus restaurateur, le plus thérapeutique, celui qui peut stimuler la neurogenèse.

Il faut parler, même pour ne rien dire. Parler, sinon on devient une personne non grata.

Le silence rend l’autre méfiant — cet autre qui ne sait plus entendre ce qui échappe aux mots du quotidien.

Ces mots répétitifs, vides, sans intérêt.

Parler du beau ou du mauvais temps, d’un sport en particulier, d’un film déjà vu, d’un collègue toxique… Toujours les mêmes sujets, à longueur d’année.

Le silence devient alors synonyme de marginalité — non celle, bienfaitrice, catalyseuse de changements sociaux, mais celle de l’exclusion, de l’isolement. Celle qui vous fait perdre vos droits et vous rend vulnérable.

Il trouble, car il est anti-interprétation immédiate.

Il est mon bouclier contre l’absurde, contre l’oppression — à l’instar de Kafka.

Mais surtout, il est ma nature. Une nature qui n’attend aucune interprétation.

Chafik G.

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