
Regardons-nous bien
Avant de nous parler, regardons-nous d’abord vraiment.
Révélons nos intentions, nos émotions enfouies, l’indicible.
L’indicible d’abord — car le reste se traduira forcément par des paroles justes.
Échangeons des regards qui s’ouvrent sur l’infini, vers l’attirance, non vers le fini, l’obstrué.
Soyons ce regard vrai, cette lumière qui ne s’éteint pas — comme le disait Christian Bobin.
Regardons-nous pour nous parler, nous comprendre.
Le regard est un portail, une ouverture qui mène parfois à des réponses insoupçonnées.
Avant de nous entraider, plongeons dans l’infini de nos yeux,
dans l’abîme des âmes, là où naissent les volontés les plus pures.
Regardons-nous sans juger, sans parler, et passons à l’action à travers nos regards,
sans cesse magnifiés par le regard de l’Autre.
Non par ces regards tourmenteurs et tourmentés,
comme si nous étions enfermés dans une immense salle : celle de l’enfer,
selon Sartre — où, sans aucun instrument de torture,
chacun devient le bourreau des deux autres.
Jusqu’à comprendre que l’enfer, ce n’est pas un lieu, mais les autres eux-mêmes.
Alors… regardons-nous bien,
pour faire de nos rues, de nos maisons, de nos lieux de travail
des espaces qui se rapprocheraient du paradis plutôt que de l’enfer.
Car ce dernier nous a assez guettés.
Chafik G.

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