
« La nuit est toujours marquée par l’imprévisible. »
— Michaël Foessel
À la venue de la nuit, les démons intérieurs reviennent en force.
Tel un migrant accablé par le syndrome d’Ulysse, livré à leur merci, comme sur une île lointaine, sans protection, sans identité, et sans la tendre moitié partie pour son labeur.
Vite, la quête d’une lune intérieure s’impose pour fuir, fuir l’instant présent.
Mais la nuit est longue, et les démons sont nombreux.
Un corps se dresse face à eux sans crainte et, le temps d’une nuit, devient héros. Moi?
Les voisins, déjà sous l’emprise des fleurs de pavot de Morphée, laissent entendre leurs renflements à travers les fines cloisons qui séparent.
Le corps recru de fatigue se traîne de pièce en pièce, luttant contre l’impatience nocturne et contre le trop-plein de rage de faire le bien, ici et maintenant.
Parfois, la lune ou son croissant deviennent confidents, lorsqu’ils daignent apparaître dans le ciel noirâtre. À leur image fidèle au mujô — l’impermanence —, il faudrait revêtir l’habit de l’impermanence pour comprendre enfin que rien ne dure, pas même les démons intérieurs.
Comme le rappelle Michaël Foessel :
« La nuit, je rencontre l’envers des hommes et des femmes… »
Et l’insomnie garde en éveil. Mais pourquoi ? Sur qui, sur quoi veiller ? Peut-être seulement sur l’intrusion des démons.
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