Fils, où es-tu ?

J’ai éteint ses cinquante-quatre bougies du souffle de mon indifférence, mais cela n’a fait que raviver son cœur-cocon, qu’il a offert tout entier à sa moitié. Au milieu de mon détachement, je le cherchais en vain. Où es-tu, fils ?

Je lui ai envoyé des milliers de silences, enrobés de jolis sourires, mais cela n’a fait que l’éloigner de moi et de ma nouvelle famille. Au milieu de ma fausseté et de mon déni, je l’appelais de mes vœux, mais d’autres voix, plus vraies que la mienne, caressaient ses oreilles si attentives. Fils, où es-tu ?

Mon cœur, si grand et si confortable pour moi et ma nouvelle famille, lui a ouvert toutes ses portes, mais il a décliné l’invitation. Certainement parce que le sien était trop occupé à s’agrandir ailleurs. Au milieu de ma bienveillance projective, j’espérais, contre l’évidence, qu’il accepterait un jour de se complaire chez moi. Mais j’ai compris qu’il habitait un lieu à lui, un « chez-soi » inviolable, qu’il a entièrement dédié à sa tendre épouse. Où es-tu, fils ?

Je t’ai offert la vie pour que tu sois heureux à mes côtés, par un certain jour chaud de juillet ; mais tu as vécu dans tant de mondes, sauf dans le mien. Je ne te comprendrai jamais, je ne te considérerai jamais et je ne t’aimerai jamais, mon fils. Va donc.

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Commentaires

Une réponse à « Fils, où es-tu ? »

  1. Avatar de
    Anonyme

    très émue de le lire.

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