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  • Des moments mémorables à Mirabel (Salon du livre 2026)

    Des moments mémorables à Mirabel (Salon du livre 2026)

    Des instants suspendus, empreints de chaleur et de connivence, ont illuminé le Salon du livre de Mirabel 2026.

    La présence de ma cousine Mouna, toujours juste, toujours présente, d’une audace douce et lumineuse, m’a profondément touché.

    Et que dire de Ghislaine, lectrice des premières heures, témoin bienveillante de mes débuts, dont la fidélité me rappelle pourquoi j’écris.

    Le bonheur tient parfois dans ces éclats simples : un geste offert sans calcul, un sourire qui apaise, une parole spontanée qui ouvre un espace de joie.

    Ce sont ces petites flammes humaines qui donnent à la littérature son souffle et à la vie sa douceur.

    À Ghislaine

  • Avons-nous tous raison ?

    Nous avons tous nos raisons de ne plus vouloir parler, ou au contraire, de ne plus vouloir nous taire.

    On « choisit » de ne rien dire pour ne pas que les choses « s’enveniment », car on sait ce que l’on cache et qu’il est parfois préférable de le « taire ». On choisit de ne pas dire les choses pour les oublier et passer à autre chose.

    On évite les questions car on sait que les réponses ne vont pas plaire et ne feront qu’aggraver la relation. Parfois, on préfère le long silence aux grands discours ; nos raisons ne sont pas toujours en adéquation avec celles des autres, et le silence aide parfois à surmonter les conflits.

    La nature a horreur du vide, mais celui-ci est parfois nécessaire pour que le mal s’y « dissolve ». Le temps guérit par le silence — le « bon » silence, celui qui intervient lorsque les paroles ne font qu’envenimer la situation. Celui qui permet la réflexion. Mais il ne faut pas qu’il dure trop longtemps, car c’est alors que [l’incompréhension s’installe].

    Nous avons tous nos raisons de nous taire ou de parler. Parfois, on se tait pour pousser l’autre à mieux réfléchir à ce qui a déjà été dit. Ou bien pour l’inciter à oublier l’irréparable. Ressasser n’est pas toujours la bonne attitude : souvent, le silence suffit à lui seul. Il en dit long.

  • Le partage… disparu

    Il fut un temps où le geste précédait la pensée.

    Ma grand-mère préparait des galettes. Elle en faisait plus qu’il n’en fallait. Non par calcul, mais parce qu’il allait de soi que quelqu’un, quelque part, en aurait besoin. Alors nous allions, enfants, frapper aux portes voisines. Les galettes encore chaudes passaient de mains en mains, sans question, sans soupçon.

    On ne se demandait pas pourquoi. On donnait.

    Les récipients revenaient toujours. Ils n’étaient jamais vides. On y trouvait du sucre, parfois du miel, ou un savon à l’odeur simple. Ce n’était pas l’objet qui comptait, mais le mouvement discret d’un monde où chacun reconnaissait l’autre sans avoir à s’en méfier.

    Aujourd’hui, les portes sont les mêmes, mais quelque chose s’est retiré.

    Le geste s’est chargé de pensée. Et la pensée, de soupçon.

    On hésite à donner. On hésite à recevoir. Les contenants eux-mêmes deviennent suspects. Le verre est évité, comme si l’objet pouvait trahir une intention. Les sourires demeurent, mais ils ne disent plus rien de certain.

    Dans certains lieux, on jette ce qui est offert. Non par faim absente, mais par crainte. Crainte de ce qui ne se voit pas. Crainte d’autrui, devenu opaque.

    Alors chacun garde pour soi. Non par nécessité, mais par habitude.

    Il ne reste du partage qu’une idée vague, presque étrangère.

    Et pourtant, rien n’a changé sinon nous.

    Le pain existe encore. Les mains aussi.

    Mais entre les deux, il y a désormais une distance.

    Partageons, malgré tout.

    « Le pain partagé nourrit deux fois. »

    Tradition orale amazighe (berbère)

  • La nuit me nuit 2 

    Se rendre à la nuit devient une bataille du moins pour le lucide qui passe ses jours à se prémunir de l’érosion des âmes, de se défaire de la mécanique des heures, celui qui a passe ses jours patiemment à rechercher des cœurs vigilants. 

    Le passé n’existe plus et pourtant il est là, ses débris m’entoure comme le noir totale de la chambre et ne subsiste de lumière que celle qui se trouve dans la Conscience Pure. 

    Une conscience qui se bat contre sa «  nouvelle journée » ou le temps  à contrario du jour qui lui est linéaire celui de la nuit devient circulaire. Place au combat d’un autre type celui de rechercher la vérité, celle qui est inaccessible aux « dormeurs ». L’insomnie donne accès au cri de la nuit, celui d’une émanation d’un éveil forcé, celui d’un Cioran face à l’absurdité de la vie et de la torture de l’insomnie échoue à articuler, il ne reste que le cri. 

    On s’endort rarement seul: « derrière nous » se trouve l’hyper-presence de soi, ce masque que nous portions la journée. Dans le noir, le monde extérieur disparaît, et le « Moi » prend toute la place. Se rendre à la nuit devient une sorte de résistance, c’est rester éveillé au poste de garde de l’existence, même si ce que l’on voit est douloureux.

  • Très heureux d’avoir gagné le livre de Rita, Saffia, femme de Smyrne.

    Une véritable odyssée qui nous plonge dans le destin d’une jeune femme choisie comme diaconesse au sein des premières communautés chrétiennes du IIe siècle, mettant en lumière le rôle essentiel des femmes dans l’expansion du christianisme à cette époque.

    Merci pour ce livre, quel beau cadeau !

    Rita Amabili

  • Un mot, un pays: Yaghan, Terre de Feu Mamihlapinatapai

    Regard partagé entre deux personnes qui désirent la même chose… sans oser faire le premier pas.

    C’est un regard partagé entre deux personnes qui désirent la « même » chose, mais n’osent pas faire le premier pas. C’est un mot « appartenant » à la langue yaghan (ou yamana), parlée par un peuple autochtone de la région de la Terre de Feu.

    C’est un mot chargé de tension, bloqué par la peur ou la pudeur. Un mot dit entre amis, entre amoureux ou bien entre deux âmes qui se reconnaissent. Ce mot « pourrait s’appliquer » à d’autres situations :

     * Deux personnes qui attendent que l’autre parle.

     * Une décision mutuelle jamais assumée.

     * Un silence complice… mais inachevé.

    Mais le plus fascinant, « c’est qu’il »capture quelque chose que beaucoup de langues ne savent pas nommer : « l’entre-deux » du désir et de l’inaction, et la beauté tragique du possible non réalisé.

    Un mot bien significatif pour un monde qui parle trop sans se comprendre. Un mot pour un monde qui avance comme « un rouleau » compresseur sans regarder l’autre en face. « Regardons-nous » et « osons ».