
Mon silence n’est pas d’or, mais simplement de moi.
Il émane de je ne sais où,
et m’emporte toujours là où personne ne se rend.
« Il faut faire silence à tout ce qui veut entrer en toi, afin que Dieu puisse y entrer. » — Maître Eckhart
Je ne sais si c’est Dieu que je veux faire entrer.
Mais c’est sûr : ce sont ceux qui m’aiment,
ceux que mon absence sonore ne dérange pas.
À eux, je dis : venez écouter mon langage intérieur,
ce langage primordial qui ouvre une porte à l’Être —
comme le murmurait Heidegger.
Ce silence est de moi.
Il n’émane ni de regrets, ni de méchanceté,
mais simplement de mon être,
qui cherche souvent les bons mots,
les mots justes, adéquats, constructifs.
Je les cherche dans ce silence,
si lourd pour les adeptes de la joie maligne,
mais si léger pour ceux qui savent qu’il vient de moi.
Ce silence est tout, sauf l’absence de bruit.
Il est peut-être cette lyre aux cordes manquantes
sur laquelle mon cœur joue,
et où nous sommes contraints de faire résonner les accents de la joie
sur le ton consacré aux soupirs,
comme l’imaginait si bien Chateaubriand.
Mais peut-être aussi est-il une prière,
une attention pure et extrême,
émanant de moi vers l’univers,
qui ne réclame aucune réplique
et qui répond, lui aussi,
par un silence universel.
Chafik G.

Gourmandises et café chez Première moisson.
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