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  • L’offrande perdue

    là où les mains parlaient au linge

    Laver son linge soi-même engage tout le corps et l’esprit. L’acte dépasse ce que les temps modernes ont appelé une corvée — car il n’en est plus une. La machine a absorbé l’effort physique, mais aussi la dimension presque métaphysique du lavage à la main. Désormais, la main ne touche plus que le fer et le plastique, tandis que le corps ne fait qu’attendre.

    Chaque matière que l’on touche éveille une sensation. Le toucher devient une forme de reconnexion à soi, un geste primal qui ravive un sentiment d’apaisement. Face à l’accélération du monde, ce retour au rythme naturel procure l’impression de se remettre en phase avec la vie. On redevient artisans de sa propre existence.

    Laver, frotter, rincer : ces mouvements agissent comme une méditation active. Le rythme de la répétition apaise, tout comme la vue des vagues ou l’écoulement continu d’une rivière. L’énergie de la frustration peut s’y dissoudre, canalisée dans le geste de friction.

    L’eau, symbole de purification, emporte la saleté — et avec elle, les pensées troubles qui disparaissent dans l’eau trouble. Elle laisse place au renouveau, à la fraîcheur, à la gaieté.

    Chaque fibre déchargée de sa crasse par la main est une mauvaise idée qui quitte l’esprit.

    L’automatisation, en nous retirant l’effort, la répétition et le contact sensoriel, court-circuite cette dimension antistress et purificatrice qui faisait du lavage à la main un acte presque thérapeutique.

    Chafik Ghenai

  • Inermis show

    Bienvenue à toutes et à tous

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  • Un jour, un talent: docteur Brahim Benyoucef

    Président Fondateur chez Observatoire Espace et société . Expert consultant en urbanisme 


    L’espace n’est pas ce que nous habitons, mais ce qui nous relie. B. Benyoucef

    L’âme d’élite

    Il y a l’Homme, et il y a docteur Brahim Benyoucef.

    L’excellence, disait Aristote, n’est pas un acte, mais une habitude. Et de ces nobles habitudes, Monsieur Benyoucef en a fait un art de vivre.

    Nous sommes ce que nous faisons, et ce que fait cet homme d’exception se lit sur son visage, se devine dans sa démarche, se ressent dans la clarté de son âme. Ses gestes parlent de dépassement, de savoir multiple, d’un engagement profond envers la cité et la pensée.

    Homme à méditer, à suivre, à inscrire dans les annales de la vie — surtout en ce XXIᵉ siècle où la grandeur se confond trop souvent avec la simple apparence. Chez lui, la forme et le fond s’unissent, comme un savant mélange de modestie et de magnificence.

    Mais au-delà de tout, une qualité brille : sa générosité.

    J’ai eu le privilège d’entrevoir un jour toute son envergure — et je n’étais pas le seul à en être marqué. En le côtoyant, on sent en lui l’érudit, le sage aguerri, et l’on ne se lasse jamais de sa présence, tant chaque échange éclaire.

    La modestie demeure le générique de sa grandeur.

    Et, toujours, on redemande à le rencontrer.

    Docteur Brahim Benyoucef : l’âme d’élite.

    Chafik Ghenai

    Pour en découvrir davantage:

    https://www.leslibraires.ca/auteurs/brahim-benyoucef-1093365

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  • L’Éloge du Jardin

    Jardiner : Le Chemin de la Guérison

    Le jardinage est l’archétype du rituel de ralliement avec la Terre. Il est l’acte de prendre soin, un baume pour l’âme.

    Manipuler la terre est une expérience sensorielle complète : l’odeur du sol, surtout après la pluie, est une madeleine proustienne qui nous ramène à l’enfance, à l’aventure simple d’être au contact direct avec le vivant et sa boue.

    Le Miroir des Cycles

    Prendre soin d’une plante donne un sens concret à notre vie, nous investit d’une responsabilité. La récolte, fruit de notre labeur, n’est pas qu’une fierté ; elle est la preuve tangible que l’effort porte ses fruits.

    Il y a, dans l’observation silencieuse des plantes – les voir grandir, mûrir, mourir et renaître – le miroir des grands cycles de l’existence. Nos jardins extérieurs deviennent le reflet de nos jardins intérieurs : désherber n’est pas seulement arracher les mauvaises herbes, c’est aussi nettoyer son esprit des pensées stériles et des ruminations.

    L’Écart de l’Espoir

    Le jardinage nous projette positivement dans l’avenir. L’attente d’un résultat, nourrie d’effort et de plaisir, est un espoir qui nous accompagne au quotidien. C’est une belle intensité, une harmonie qui s’oppose tragiquement à un monde privilégiant la perfection stérile.

    Hélas, le plastique remplace désormais la merveilleuse et parfois cruelle incertitude de Mère Nature. Le vivant, avec toute son imperfection et son changement constant, se dérobe sous nos yeux, obnubilés par la recherche d’une brillance immédiate.

    Le Jardin Clos

    Qu’il soit cultivé pour se nourrir, se soigner ou pour l’ornement, « Il faut cultiver notre jardin », comme l’écrivit Voltaire dans son conte philosophique Candide.

    Cette sagesse se retrouve dans l’art. Dans le film Dialogue avec mon jardinier, le jardinier (Jean-Pierre Darroussin), fort de sa sagesse populaire, devient le maître involontaire du peintre (Daniel Auteuil). Il incarne la patience, le savoir-faire et la connaissance des cycles naturels, offrant une poésie simple face à l’intellectualisme complexe de l’artiste.

    Le jardin a toujours été un lieu séparé du chaos du monde extérieur. L’hortus conclusus, ou « jardin clos » du christianisme médiéval, était le symbole du Paradis.

    Cultivons nos Paradis ! 

    Chafik Ghenai

  • La nuit me nuit…?


    « La nuit est toujours marquée par l’imprévisible. »
    — Michaël Foessel

    À la venue de la nuit, les démons intérieurs reviennent en force.

    Tel un migrant accablé par le syndrome d’Ulysse, livré à leur merci, comme sur une île lointaine, sans protection, sans identité, et sans la tendre moitié partie pour son labeur.

    Vite, la quête d’une lune intérieure s’impose pour fuir, fuir l’instant présent.

    Mais la nuit est longue, et les démons sont nombreux.

    Un corps se dresse face à eux sans crainte et, le temps d’une nuit, devient héros. Moi? 

    Les voisins, déjà sous l’emprise des fleurs de pavot de Morphée, laissent entendre leurs renflements à travers les fines cloisons qui séparent.

    Le corps recru de fatigue se traîne de pièce en pièce, luttant contre l’impatience nocturne et contre le trop-plein de rage de faire le bien, ici et maintenant.

    Parfois, la lune ou son croissant deviennent confidents, lorsqu’ils daignent apparaître dans le ciel noirâtre. À leur image fidèle au mujô — l’impermanence —, il faudrait revêtir l’habit de l’impermanence pour comprendre enfin que rien ne dure, pas même les démons intérieurs.

    Comme le rappelle Michaël Foessel :

    « La nuit, je rencontre l’envers des hommes et des femmes… »

    Et l’insomnie garde en éveil. Mais pourquoi ? Sur qui, sur quoi veiller ? Peut-être seulement sur l’intrusion des démons.

    Chafik Ghenai