
LAS VEGAS – Au CES 2026, Jensen Huang n’est pas venu présenter une simple feuille de route technologique. Le fondateur et PDG de NVIDIA a livré une …
CES 2026 – NVIDIA parie sur l’IA totale, du raisonnement aux machines autonomes

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Il faut peu d’ingrédients pour être heureux?
Cuisiner engage le corps autant que l’esprit. Il y est question de santé, d’économie, de créativité, mais surtout de présence. Lorsque les mains s’affairent parmi les ingrédients, une forme de maîtrise naît, fragile mais réelle. Improviser une recette, ajuster un plat, ce n’est plus seulement répondre à une nécessité : c’est affirmer, modestement, une liberté.
Dans un monde saturé de numérique, jusque dans les plus humbles ustensiles de cuisine, cuisiner devient un acte de résistance douce. Un temps arraché à l’accélération, un moment de silence habité, presque une ascèse. On y retrouve cette attention nue au réel que la modernité tend à dissoudre.
Offrir ce que l’on a préparé ne relève pas du spectaculaire. C’est un geste simple, presque pauvre, mais qui rassemble. Le repas partagé apaise, éclaire les visages, retisse des liens que l’époque fragilise sans bruit.
Manger n’est jamais un acte neutre. Il réveille la mémoire. Proust l’a montré avec la madeleine, trempée dans le thé, qui fait surgir un passé entier. Ce n’est pas le souvenir qui importe, mais la preuve qu’un goût, une texture, peuvent encore sauver quelque chose du temps.
Dans l’Antiquité, le repas tenait lieu de centre. Il structurait la vie familiale et sociale. On y reconnaissait une vérité simple : l’homme ne vit pas seul, et encore moins hors du partage.
Aujourd’hui, le temps est compté, mesuré, marchandisé. Cuisiner est perçu comme une perte, un coût d’opportunité. Tout doit aller vite. Les machines, la livraison, les plats déjà faits promettent le repos, mais offrent souvent une fatigue d’un autre ordre : celle de l’effacement du geste.
La modernité privilégie le zéro effort. Elle remplace l’action par l’usage, la création par l’assemblage. Le consommateur devient dépendant, non par faiblesse, mais par usure. Trop sollicité, il renonce.
Peut-être cuisinons-nous moins parce que nous sommes las. Une lassitude profonde, existentielle, qui ne cherche plus à lutter mais à se taire. Pourtant, dans ce silence, le geste simple de cuisiner demeure possible. Comme une réponse sans illusion, mais tenue. À la manière camusienne : vivre sans espoir excessif, mais avec fidélité au réel.
Chafik Ghenai

La société se venge de ceux qui ne se plient pas à ses habitudes. Albert Camus
Le peu rend-il malheureux ?
La question paraît simple, presque naïve. Pourtant, elle ouvre une fissure.
Lorsque l’on manque de tout, le peu est une souffrance évidente. Il humilie, il use, il enferme. La misère n’a rien de philosophique : elle est brutale, concrète, sans consolation. Mais il existe une autre pauvreté, plus silencieuse, presque incomprise : celle du peu choisi.
Car on peut tout se permettre, matériellement, et pourtant décider de se contenter de presque rien. Manger sobrement, s’habiller sans éclat, vivre sans accumulation. Et être heureux ainsi. Du moins intérieurement.
Mais ce bonheur discret dérange.
Dans un monde où l’on prouve sa place par ce que l’on consomme, choisir le peu devient un acte suspect. Une simple part de pizza, quand on pourrait acheter un repas complet, ne dit plus la modération : elle suggère l’avarice, le manque de soin de soi, parfois même l’échec. Le regard d’autrui ne demande pas d’explication ; il classe.
Alors naît une inquiétude diffuse. Non pas le manque, mais la peur de l’exclusion sociale. Être mis à distance. Être perçu comme celui qui ne joue pas le jeu. Celui qui ne sort pas, qui ne possède pas le dernier objet, qui ne participe pas à la comédie générale.
Peu à peu, on apprend à se trahir légèrement. On achète sans désir. On sort sans envie. On accumule pour être tranquille. Non pour vivre mieux, mais pour éviter d’être mal vu. La liberté intérieure se négocie contre une paix sociale précaire.
Ainsi, le peu ne rend pas malheureux. Ce qui rend malheureux, c’est de devoir s’en excuser.
Ce qui pèse, ce n’est pas la sobriété, mais l’obligation permanente de prouver que l’on existe selon les normes du monde.
Dans cette société, le bonheur qui ne se montre pas inquiète. La joie sans vitrine paraît dangereuse. Et l’homme qui se contente du peu devient étranger parmi les siens.
Chafik Ghenai Facebook
Oli et le Verbe : Éloge d’une Transfiguration

La douceur, loin d’être une faiblesse, se révèle chez Oli Vam une force ontologique. Sous le pseudonyme d’Oli Vam réside une femme dont l’expression est née de l’écho discret mais persistant du cœur battant. Ses vers témoignent d’une alchimie rare : celle qui transmue les douleurs existentielles en un Verbe d’une densité inouïe.
Sans jamais quérir l’éclat, elle l’attire inéluctablement, car elle porte en elle l’énigme de l’indicible : est-ce la constance stoïque, la vulnérabilité métaphysique assumée, ou bien, plus simplement, l’essence même de la Poésie ?
Son œuvre déploie un paysage intérieur de seuils, de clairières et de sentiers qui épousent le rythme cyclique d’un pouls. Au plus profond de son être, cependant, un seul mot vibre avec l’intensité d’un feu primordial : celui de son frère.
C’est peut-être là que réside son secret de magister : elle ne cherche pas l’évasion illusoire, mais l’acte fondamental de la transfiguration du réel. Son écriture n’est pas une injonction, mais une présence qui accompagne, guide et illumine avec une prudence quasi-sacrée.
À l’instant où l’on referme ses recueils, l’on perçoit qu’un déplacement intérieur s’est opéré. Que ce soit dans l’éveil aiguisé de nos sens, l’élargissement de notre imaginaire, ou l’apprentissage d’une respiration plus ample et essentielle, l’œuvre demeure.
Chafik Ghenai
Les livres de Salima Saadi, Disponible ici, sont une nécessité de l’âme : à consommer sans modération!
Pour le plaisir: TikTok

Santé cardiovasculaire, réduction du stress, incubation d’idées… les bénéfices de la marche sont nombreux lorsqu’on la pratique régulièrement.
Pratiquer la marche en plein air permet aussi d’exercer son cerveau et de stimuler l’esprit. Le système nerveux doit constamment analyser et anticiper les changements de terrain : éviter une flaque, enjamber une branche ou évaluer l’inclinaison d’une pente.
C’est une pratique propice à la clarté mentale, où les idées peuvent se réassembler au fil de nos pas.
La marche est ontologiquement l’une des façons fondamentales pour l’être humain (le Dasein chez Heidegger, l’« Être-là ») d’être au monde. Le simple fait de marcher ancre notre conscience dans le corps. En prenant le temps de marcher, on se réapproprie en quelque sorte le temps. Il ne devient plus une contrainte extérieure, mais suit désormais le rythme de nos pensées.
Marchons, à l’air frais !
Chafik Ghenai (Facebook)

On a beau tenter de la détériorer, de l’user par le doute, de la tordre par l’ingratitude, elle demeure.
Les plus généreux sont parfois ceux qui nous ressemblent le moins. Une main tendue par un inconnu dans une gare, un regard qui se pose sur nous comme une lumière ou des cartes cadeaux qui offrent de la couleur à nos vies.
La générosité est un remède. Un remède à nos faiblesses, à nos différences et surtout à la haine.
La générosité est une victoire intime. Une affirmation de l’humain contre la déshumanisation.
Dans les traditions autochtones nord-américaines, le cycle du don (comme le Potlatch) est une manière d’honorer la vie : plus tu donnes, plus tu existes. Donnons.