
Parfois, il n’y a que des mauvais choix à faire.
Au lieu d’aller courir, on s’enferme dans une chambre.
On se cloître dans un coin, on s’empiffre de tranquillisants jusqu’à ne plus se reconnaître soi-même.
On les fait, ces choix. Volontairement ou non, mais on les fait.
Entre “ça passe” et “ça casse”, on choisit souvent la casse, jusqu’à oublier la notion même du bien.
Lorsque toutes les issues lumineuses se dissipent, étouffées sous l’encre noire — ou serait-ce la bile noire ? — il ne reste que des chemins sombres : partir, se recroqueviller, refuser même l’aide.
On les fait, ces mauvais choix.
Souvent pour éviter le pire, on choisit le moindre mal.
Et ce moindre mal, paradoxalement, nous fait parfois du bien. Ou encore plus de mal.
On choisit le mauvais geste, le mauvais mot, la mauvaise action — par peur de l’échec ou de la réussite.
Par faible estime de soi, par besoin de contrôle, par évitement, par conformisme…
Parfois même, on fait le mauvais choix de ne pas dire “oui” à une belle opportunité.
Et il y a des jours où il n’y a que des mauvais choix qui s’imposent à nous.
Dos au mur, face aux aléas, à l’adversité, aux conjectures…
On opte pour ce qu’on peut.
C’est le dilemme tragique, comme celui d’Antigone : choisir entre la loi des hommes (ne pas enterrer son frère) et la loi divine (l’honneur familial).
Quoi qu’elle fasse, elle est condamnée.
Peut-être, alors, que ce n’est pas le bon geste qui sauve,
mais la manière de choisir.
Chafik G. 








